Souvent épinglé pour ses sautes d'humeur depuis le début de sa carrière, Hatem Ben Arfa s'est confié au quoitidien L'Equipe dans un entretien publié ce lundi 16 janvier. A l'heure où il retrouve toutes ses sensations sous la tunique de Newcastle, le jeune prodige français admet ses erreurs passés et délivre un message plein d'espoir pour la suite de sa carrière. Retour sur les confessions d'un incompris du football...
Qu'il semble loin le temps où Ben Arfa faisait plus souvent la Une de l'actualité sportive que pour son génie sur les terrains de foot. Ecarté pendant près d'un an après sa terrible fracture du tibia-péroné, le prodige issue de Clairefontaine s'est donné le temps de se remettre en question et semble comprendre désormais, que seules ses performances sportives lui permettront de devenir le grand joueur que tous les observateurs du milieu ont descellé en lui depuis des années. "On me reprochait d'être arrogant, d'être hautain. C'était sûrement vrai mais je ne le percevais pas comme ça à l'époque. Avec le recul, je comprends qu'on ait pu me prendre pour quelqu'un de sûr de lui. Je dégageais quelque chose de négatif, j'avais de mauvaises énergies." Une analyse pleine de lucidité pour le jeune joueur de 24 ans qui doit encore se rappeler de ce fameux jour de Clasico entre l'OM et le PSG où il avait tout bonnement refusé d'entrer en cours de jeu.
Mais Ben Arfa ne s'arrête pas là: "En 2008, j'étais mal, j'étais à la recherche de bien-être. Je lisais beaucoup d'ouvrages sur le soufisme, de belles choses qui m'attiraient et comme Abd al-Malik (rappeur et slameur français) s'y intéressait, je l'avais contacté." Une pente glissante sur laquelle le milieu de terrain de l'OM à l'époque a bien failli se casser les dents avant de faire machine arrière... Une fois encore par orgueil. "C'était un système comme dans une secte. Je faisais partie d'un mouvement avec un chef spirituel, un Cheikh. (...) Quand je suis rentré dans la salle de prières, ce maître, il fallait que je lui baise les pieds. C'était obligatoire. Heureusement, ce jour-là, mon ego m'a sauvé. Je ne pouvais pas accepté ça." Un épisode que le pensionnaire de Newcastle explique en partie par un manque d'amour paternel, même s'il précise que jamais il n'a été délaissé par ses proches.
Après sa longue traversée du désert, Hatem Ben Arfa n'a qu'un seul souhait; tourner la page définitivement pour mieux se tourner vers l'avenir. Tourmenté, ce dernier ne l'est plus et il dévore chaque minute passé sur les prés de Premier League comme un affamé. Auteur de prestations remarquées depuis son retour à la compétition, le numéro 10 des Magpies s'est même fixé un objectif fou: faire partie de la liste de Laurent Blanc pour l'Euro 2012. Rendez-vous dans quelques semaines pour voir si le sélectionneur des Bleus aura bien entendu ces prières...